Slava v vychnih bogou

Liturgie orthodoxe russe

Sla-va v vych-nih bo-gou i

na-zem-li  mir v tche-lo-vé-tzeh

bla-go-vo-lé-ni-ié.

Sla-va v vych-nih bo-gou i

 na-zem-li  mir v tche-lo-vé-tzeh

bla-go-vo-lé-ni-ié.

Gloire à Dieu au plus haut des Cieux
et paix sur la terre aux hommes de bonne volonté.

Gos-po-di ous-tnié mo-i

ot-ver-zé-chi i ou-sta mo-ia

voz-vé-stiat hva-lou Tvo-niou

Gos-po-di ous-tnié mo-i

ot-ver-zé-chi i ou-sta mo-ia

voz-vé-stiat hva-lou Tvo-niou.

Seigneur, ouvre mes lèvres
et ma bouche publiera ta louange

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Слава в вышних Богу, и на земли мир, в человецех благоволение (Luc 2:14)
 
Господи, устне мои отверзеши, и уста моя возвестят хвалу Твою
(Ps 50 :17)
   Il s'agit de 2 versets bibliques qui servent d'introduction à l'Hexapsalme (= 6 psaumes) que l'on récite tous les jours dans un grand recueillement au début des Matines orthodoxes.
L'Hexapsalme représente l'Ancien Testament et pendant sa récitation, on ne fait pas le signe de la croix et les cierges doivent être éteints dans l'église. On les allume à la fin de la récitation de l'Hexapsalme, pour symboliser que la pleine lumière de la foi est venue au monde après, avec le Nouveau Testament.

Liturgie orthodoxe

 Le christianisme orthodoxe ou orthodoxie est l'une des trois principales confessions chrétiennes. Il est organisé en de nombreuses Églises territoriales (et non nationales) qui forment ensemble l'« Église orthodoxe » ou « Communion orthodoxe ».

Les Églises orthodoxes sont nées ou ont été fondées en même temps que l'Église catholique lors du schisme de 1054 mais dans l'antique zone de culture grecque, c'est-à-dire dans la zone orientale du bassin de la Méditerranée. Ce groupe d'Églises partage une compréhension, un enseignement et des offices d'une grande similitude avec un fort sentiment de se considérer les unes les autres comme les parties d'une seule Église. La Bible et la Liturgie sont lues dans les langues nationales actuelles ou anciennes.

Les Églises orthodoxes représentent dans le monde la troisième confession chrétienne en nombre de fidèles après l'Église catholique romaine et les Églises protestantes.

Liturgie


Le cœur de la spiritualité orthodoxe est riche, principalement dans le chant, de la liturgie fortement symbolique, dont la forme actuelle, au moins partiellement, s'enracine au IVe siècle.

  • Selon l'Église orthodoxe dont il dépend, le fidèle suit un calendrier liturgique spécifique qui détermine les dates des fêtes dans l'année.
  • La première partie de la liturgie, appelée Liturgie des Catéchumènes avec prière et lectures bibliques se réfère au culte synagogal, tel que Jésus dut le connaître ; la deuxième partie, la Liturgie des fidèles, célébrant l'Eucharistie est d'origine proprement chrétienne. Le nom de chacune des parties se réfère au temps où tous les candidats non encore baptisés devaient quitter l'église après la première partie et où l'on fermait les portes à clef.
  • La liturgie originale dure cinq heures, la liturgie basilienne dure environ deux heures, la liturgie de Jean Chrysostome ne dure environ qu'une heure et demie et c'est celle qui est célébré la plupart des dimanches tandis que, pour les fêtes plus importantes, on préfère la liturgie de Saint-Basile.

Le chant revêt une importance particulière dans la liturgie russe orthodoxe. Ils sont compris comme prière à part entière ; ils ne doivent donc être « produits » que par les voix humaines. L'utilisation des instruments n'est pas admise dans les Églises russes orthodoxes parce que les instruments ne peuvent prier.

Dans la liturgie orthodoxe, on se signe chaque fois que la Trinité est mentionnée. Le signe de croix se pratique selon un mouvement de droite à gauche : front, poitrine, épaule droite, épaule gauche. Le pouce, l'index et le majeur sont liés pour représenter la trinité, tandis que l'annulaire et l'auriculaire sont repliés dans la paume pour signifier le dogme de la double nature de Jésus Christ (Dieu et Homme). On se signe aussi en admirant une icône avec ou sans prière et dans d'innombrables autres occasions, laissées à la discrétion du croyant.

Le fidèle est, en principe, debout à l'office ; beaucoup d'églises n'ont de sièges que le long des murs pour les personnes âgées ou affaiblies. La position à genoux est peu fréquente ; le dimanche, on connaît quelques grandes prosternations dans les Églises d'Europe centrale ou d'Égypte.

 

 

 

Le Christ Pantocrator
Le Christ Pantocrator

 


La Mère de Dieu aux trois mains

 

Ceremonie

 l'office orthodoxe

Les Douze grandes fêtes illustrées au Monastère de Marko, en République de Macédoine.

Elles sont souvent représentées sur les murs des églises. Tous les orthodoxes célèbrent une même fête à la même date (celle qui est indiquée ci-dessous) mais cette même date tombe d'abord selon le calendrier grégorien puis treize jours plus tard selon le calendrier julien. Les fêtes mobiles en revanche sont fêtées le même jour par tous les orthodoxes et à des dates différentes des deux calendriers.

  • Nativité de la Très Sainte Mère de Dieu, le 8 septembre.
  • Exaltation de la Très Sainte Croix, le 14 septembre).
  • Présentation de la Très Sainte Mère de Dieu au Temple, le 21 novembre.
  • Nativité du Seigneur, le 25 décembre.
  • Baptême du Christ ou Théophanie, le 6 janvier.
  • Présentation du Christ au Temple ou Chandeleur, le 2 février.
  • Annonciation, le 25 mars.
  • Entrée du Christ à Jérusalem ou Rameaux (une semaine avant Pâques).
  • Ascension du Seigneur (40 jours après Pâques).
  • Pentecôte (50 jours après Pâques)
  • Transfiguration du Christ sur le mont Thabor, le 6 août.
  • Dormition de la Très Sainte Mère de Dieu, le 15 août.

 

Chants traditionnels Orthodoxes Russes

 
« Chants traditionnels Orthodoxes Russes »
Le chant liturgique orthodoxe russe est un témoignage de la force et de la foi du peuple russe et du maintien de sa tradition de la musique liturgique.
 
 
Chant
 
Chant et piété liturgique russe
 
 
Danilov

                                       

Eglise orthodoxe

 

Dmitro
 
 Dmitri Bortniantski
 
Saint
 
 Cathédrale Saint Basile
Moscou
 
 
 Alexei
Alexei Lvov
 
 
Serguei
Serguei Rachmaninov
 
Monument
Monument Rachmaninov
Moscou

Le chant orthodoxe russe du dix-septième siècle à 1917 : de Diletski à Rachmaninov

La musique sacrée de la Russie est toujours a cappella : l’Église orthodoxe interdit l’usage des instruments. Jusqu’au dix-septième siècle, la totalité du répertoire sacré est constitué par le znamenny, le chant traditionnel de l’Église orthodoxe russe.
Au départ, le chant znamenny est monodique, c’est-à-dire constitué d’une seule voix. À partir de la fin du seizième siècle, on voit apparaitre une première forme de polyphonie (il s’agit en réalité d’une monophonie harmonisée), mais il faudra attendre le dix-septième siècle pour qu’une réelle polyphonie (occidentale) se développe.

période polono-urkrainienne (1600–1750) : Diletski
Le dix-septième siècle connait une importance occidentalisation de la culture russe. En ce qui concerne la musique, outre la notation occidentale, on voit se développer la polyphonie, le contrepoint, etc.
Le style qui se développe alors est le chant partesny. Ils s’agit de grands chœurs religieux polyphoniques, souvent écrits à huit ou à douze voix, parfois plus — jusqu’à trente-deux.
Le grand représentant de cette période est le premier compositeur russe qui ait laissé quelques traces : Nikolaï Diletski (ca 1630–1680), né en Ukraine et formé en Pologne. Le nombre de ses compositions conservées est relativement faible, et il est surtout connu pour être l’auteur du premier grand ouvrage de théorie musical russe (première édition écrite en polonais), la Grammaire musicale.
Il se trouva à la tête d’une véritable école de compositeurs. Il est entre autres suivi par Pekalitski, Kalachnikov, Bavykine, Trediakovski et surtout par Vassili Titov (ca 1650–ca 1715). Celui-ci est notamment l’auteur de psaumes, de services et de nombreux concertos vocaux.

période italienne (1750–1825) : Bortnianski
Cette période est marquée par la présence de compositeurs italiens à la Cour impériale, parmi lesquels Galuppi, Sarti, Paisiello et Cimarosa. Ceux-ci influencent les jeunes compositeurs, qui vont produire des œuvres dans un style très occidental. Les plus importants sont Bortnianski, Berezovski, Vedel, Degtiarev, Davydov et Tourtchaninov.

Dmitri Bortnianski (1751–1825), qui a étudié avec Galuppi et a fait un voyage en Italie (où il a étudié notamment avec Martini et où il a composé quelques opéras), est le grand maitre du style italien. Il est nommé au poste de directeur de la Chapelle impériale. Son œuvre est d’une taille considérable ; il est l’auteur de 35 concertos pour chœur mixte à quatre voix, de 10 concertos pour deux chœurs, d’une messe, de mélodies religieuses, de psaumes, etc. Ses œuvres ont été éditées par Tchaïkovski à la fin du dix-neuvième siècle.
De lui, nous connaissons le "Tibié Païom"

période allemande : Lvov et l’école de Saint-Pétersbourg
L’Allemagne succède à l’Italie dans sa position dominante. Lvov succède à Bortnianski à la Chapelle impériale. Il est notamment suivi par Lomakine, Vorotnikov, Bakhmetev, Golitsyne et Strokine l'auteur de "Slava v vychnih bogou".
Cette période est importante pour sa simplification du chant orthodoxe et pour ses débuts d’un retour au chant traditionnel (avec des résultats mitigés).
Alexeï Lvov (1798–1870), qui a fait un voyage en Allemagne et rencontré les grands compositeurs de l'époque (Mendelssohn, Meyerbeer...), est très influencé par la musique allemande. Il compose des harmonies à quatre voix, dans le style allemand, où la mélodie a moins d’importance et se trouve uniquement sur la voix aigüe. Il entreprend ainsi une réalisation complète du cycle de l’Octoechos pour quatre voix homophones, mais dénature ainsi les mélodies originales, les contraignant à l’harmonie tonale.
Malgré le développement de l’école de Moscou, beaucoup de compositeurs continueront à suivre les principes allemands de l’école de Saint-Pétersbourg. C’est le cas d’Alexandr Arkhangelski (1846–1924), d’Allemanov et de Vinogradov. C’est également cette tradition qui aura le plus d’influence sur les musiciens de la diaspora après 1917. Et encore aujourd’hui, ce sont les harmonisations de Lvov qui restent en usage aux offices.

l’école de Moscou : d’Odoïevski à Rachmaninov
C’est à partir de Vladimir Odoïevski (1804–1869), écrivain et critique musical, que le chant orthodoxe va connaitre ce retour au passé liturgique proprement russe (et non plus italien ou allemand). Odoïevski porte son intérêt sur le chant znamenny, qui n’avait survécu que dans les monastères, et prône sa restauration. Il s’entoure de musiciens, parmi lesquels Stepan Smolenski (1848–1909). Ont étudié avec ce dernier Kastalski, Nikolski, Tchesnokov et Rachmaninov.

Alexandr Kastalski (1856–1926) travaille à la restitution du chant religieux traditionnel (surtout le chant znamenny). Mais il étudie également le chant populaire, et contribue ainsi au renouvellement du chant liturgique en élaborant un style d’harmonisation fondé sur la polyphonie populaire, par opposition à l’influence italo-germanique qui avait dominé jusque-là. Il s’établit ainsi comme un important compositeur du nouveau style russe et influence des compositeurs comme Kompaneiski, Nikolski, Tolstiakov, Gretchaninov, Tchesnokov et Rachmaninov.
Sergueï Rachmaninov (1873–1943), qu’il est inutile de présenter ici, s’intéresse également à ce renouveau dans la musique religieuse. Comme Tchaïkovski, il composera une Liturgie de saint Jean Chrystostome (op.31, 1910) et des Vêpres (op.37, 1915). Ces deux œuvres incarnent l’aboutissement, en même temps que la disparition, du renouveau liturgique russe et de tout le chant orthodoxe.

 

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Date de dernière mise à jour : 20/11/2017