Asimbonanga

Asimbonanga (« Nous ne l'avons pas vu ») est une chanson du groupe sud-africain Savuka, dirigé par Johnny Clegg et créée en 1987. Cette chanson, écrite et composée par Johnny Clegg, extraite de l’album Third World Child (1987), a propulsé ce groupe à la tête de l'actualité musicale des années 1980.

Son texte, politiquement engagé — surtout pour l'Afrique du Sud de l'époque —, est dédié à Nelson Mandela, alors emprisonné sur l'île de Robben Island, au large du Cap, et y fait explicitement référence : (« Look across the Island into the Bay » (en français : « Regarde de l'autre côté de l'île dans la Baie »).

Autre particularité de cette chanson, le titre est zoulou, le refrain est chanté dans cette langue et les couplets en anglais, acte particulièrement provocateur au temps de l'apartheid, surtout de la part d'un groupe multicolore, composé de Blancs et de Noirs. Le titre Asimbonanga fait référence au fait que personne ne sait à quoi ressemble Nelson Mandela, les photos de lui étant illégales.

Elle connaît un important succès en France, se classant 2e du Top 50 pendant sept semaines consécutives.

Asimbonanga

Asimbonang' uMandela thina

Laph'ekhona

Laph'ehleli khona

 

Oh the sea is cold and the sky is grey

Look across the Island into the Bay

We are all islands till comes the day

We cross the burning water

 


 

Nous ne l'avons pas vu

Nous n'avons pas vu Mandela


A l'endroit où il est

A l'endroit où on le retient prisonnier

Oh, la mer est froide et le ciel est gris
 

Regarde de l'autre coté de l'Ile dans la Baie

Nous sommes tous des îles jusqu'à ce qu'arrive le jour
Où nous traversons la mer de flammes

Vos voix en numérique

Tutti:

Soprano:

Alto:

Tenor: solo

Basse:

Johnny Clegg, alias Le Zoulou blanc, né Jonathan Clegg le à Bacup aux environs de Rochdale près de Manchester au Royaume-Uni, est un auteur-compositeur-interprète sud-africain et danseur zoulou, leader successif des groupes Juluka et Savuka aux chansons principalement axées sur la lutte contre l'apartheid.

Tout commence dans une famille aisée de paysans juifs lituaniens et polonais immigrés en Rhodésie du Sud, les Braudo. La mère de Johnny Clegg, Muriel Braudo, suivant des cours à l'université de Johannesburg, se marie avec un non-juif, Denis Clegg, contre l'avis de son père. Le couple part ensuite en Angleterre pour élever le petit Jonathan Clegg.

 

Description de cette image, également commentée ci-après

Johnny Clegg et Mandisa Dlanga à la Fête de l'Humanité, le 14 septembre 2007

Cependant, six mois après cette naissance, le couple divorce et, après un bref passage en Israel la mère retourne élever seule son enfant dans la ferme familiale à Gwelo, près de Selukwe, en Rhodésie (l'actuel Zimbabwe). Enfant blanc dans l'Afrique du Sud de l'apartheid, Jonathan grandit dans un environnement isolé de toute culture africaine. Malgré cela, il arrive à se lier d'amitié avec le fils du chauffeur de la famille qui l'initie au ndebele, une langue qui tire ses origines du zoulou.


Jonathan, que tout le monde commence à appeler Johnny, s'initie à la guitare à quinze ans, ce qui lui permet de rencontrer un musicien de rue zoulou qui jouait près de chez lui, Mntonganazo Mzila. Malgré la barrière du langage, il s'ensuit deux années durant lesquelles Clegg apprend les rudiments de la musique zoulou et le Ihhlangwini, accompagnant Mzila dans tous les « hostels », centres d'hébergements de travailleurs migrants, enfreignant l'interdiction des Noirs et des Blancs de franchir la limite des secteurs réservés. Cela permet à Clegg de se faire une réputation de bon musicien et de comprendre réellement le fossé qu'a creusé l'apartheid.

Johnny Clegg (à droite) à la fête de l'Humanité en 2007

À la même époque, Sipho Mchunu avait quitté sa terre zoulou natale pour exercer le métier de jardinier à Durban. S'étant taillé une réputation de bon guitariste, et attiré par l'espoir d'un plus haut salaire, il décida de monter vers la grande ville, où il entendit parler pour la première fois d'un garçon blanc au talent de musicien zoulou.

Il se trouva que le quartier de Johnny était également celui où travaillait Sipho. Cela mena à l'inévitable rencontre des deux musiciens. Tout d'abord stimulés par leur envie de comparer leurs talents de guitariste, les deux compères s'associèrent pour former un duo hors du commun, qui allait avoir un succès international. Sipho permit à Johnny de parfaire ses techniques de guitare, de danse, de langue et de combat au bâton zoulou. Johnny permit à Sipho de connaître la musique celte et le rock.

 

Ensemble, ils firent secrètement la tournée de tous les foyers de travailleurs migrants, enjoignant aux autres musiciens de se mesurer à eux. En plein apartheid, cette association improbable provoqua une forte agitation, aussi bien artistique que politique, partageant ceux qui condamnaient cette multi-culturalité et ceux qui l'encourageaient.

Video

Johnny Clegg & Savuka - Asimbonanga (+paroles/lyrics)

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Date de dernière mise à jour : 28/09/2018