Carmen Habanera

Habanera : l'amour est un oiseau rebelle

extrait de "Carmen" de Georges Bizet

"L'amour est un oiseau rebelle" est une aria (habanera) du premier acte de l'opéra de 1875 Carmen de Georges Bizet, opéra-comique en quatre actes sur un livret d'Henri Meilhac et Ludovic Halévy, d'après la nouvelle Carmen, de Prosper Mérimée. Créé le 3 mars 1875 à l'Opéra-Comique sous la direction d'Adolphe Deloffre,

L'action se passe à Séville (ville du Sud de l'Espagne) et dans les environs, au début du XIXe siècle.

Carmen est l'un des opéras les plus joués au monde.

C'est la 1ère fois que le public découvre le personnage de Carmen, cigarière à la manufacture des tabacs de Séville.

La chanson est très populaire et on l'a utilisée pour divers films et publicités, notamment celle d'Ajax.

L'air se termine alors que Carmen cueille une fleur, qu'elle lance à Don José.

Georges bizet

Georges Bizet

Son nom reste associé pour la postérité à Carmen, l'un des piliers du répertoire lyrique français, et à L'Arlésienne, connue pour le thème de La Marche des rois.

L'amour est un oiseau rebelle
Que nul ne peut apprivoiser
Et c'est bien en vain qu'on l'appelle
S'il lui convient de refuser
Rien n'y fait, menace ou prière
L'un parle bien, l'autre se tait
Et c'est l'autre que je préfère
Il n'a rien dit, mais il me plaît
L'amour (× 4)
L'amour est enfant de bohème
Il n'a jamais, jamais, connu de loi
Si tu ne m'aimes pas, je t'aime
Si je t'aime, prends garde à toi
Prends garde à toi!
Si tu ne m'aimes pas, si tu ne m'aimes pas, je t'aime
Prends garde à toi
Mais si je t'aime, si je t'aime, prends garde à toi
L'amour est enfant de bohème
Il n'a jamais jamais connu de loi
Si tu ne m'aimes pas, je t'aime
Si je t'aime, prends garde à toi
Prends garde à toi
Si tu ne m'aimes pas, si tu ne m'aimes pas, je t'aime
Prends garde à toi
Mais si je t'aime, si je t'aime, prends garde à toi!

 

L'oiseau que tu croyais surprendre
Battit de l'aile et s'envola
L'amour est loin, tu peux l'attendre
Tu ne l'attends plus, il est là
Tout autour de toi, vite, vite
Il vient, s'en va, puis il revient
Tu crois le tenir, il t'évite
Tu crois l'éviter, il te tient
L'amour (× 4)
L'amour est enfant de bohème
Il n'a jamais jamais connu de loi
Si tu ne m'aimes pas, je t'aime
Si je t'aime, prends garde à toi
Prends garde à toi!
Si tu ne m'aimes pas, si tu ne m'aimes pas, je t'aime
Prends garde à toi
Mais si je t'aime, si je t'aime, prends garde à toi
L'amour est enfant de bohème
Il n'a jamais jamais connu de loi
Si tu ne m'aimes pas, je t'aime
Si je t'aime, prends garde à toi
Prends garde à toi
Si tu ne m'aimes pas, si tu ne m'aimes pas, je t'aime
Prends garde à toi
Mais si je t'aime, si je t'aime, prends garde à toi!

Vos voix en numérique:

tutti   Carmen    soprano      alto 

                    tenor    baryton   basse 

 

 

Georges Bizet et Carmen

Alexandre-César-Léopold Bizet, plus connu sous le nom de Georges Bizet, est un compositeur français né le 25 octobre 1838 à Paris et mort le 3 juin 1875 à Bougival. Il est le compositeur de Carmen, l'un des opéras les plus connus et les plus joués.
En 1875, il s'installe dans le petit village de Bougival pour terminer l'orchestration de Carmen et honorer cette nouvelle commande de l'Opéra-Comique qui voulait « une petite chose facile et gaie, dans le goût de notre public avec, surtout, une fin heureuse » (cité par les Amis de Georges Bizet). Le musicien appréciait le calme du site au bord de la Seine. Il faudra toute la ténacité de Bizet et de Ludovic Halévy, son librettiste, pour convaincre le directeur de l'Opéra Comique d'accepter cet opéra si différent de ses aspirations !

Après trois mois de travail sans répit et 1 200 pages de partition, Carmen, son chef d'œuvre, est prêt et son superbe livret est de Henri Meilhac et de Ludovic Halévy qui ont écrit les livrets des plus célèbres opérettes de Jacques Offenbach, La Belle Hélène, La Vie parisienne, La Périchole. Bizet assiste à toutes les répétitions qui se révèlent épuisantes : il se heurte aux chanteurs qui n'ont pas l'habitude de bouger en scène et de jouer leurs personnages avec le naturel que Bizet attend d'eux, aux musiciens qui trouvent cet opéra trop difficile et toujours à la mauvaise humeur du directeur exaspéré par le thème de la pièce qu'il trouve indécent.

Le 3 mars 1875, il est fait chevalier de la Légion d'honneur, le jour de la première de Carmen qui se révèle être un désastre. Les musiciens et les choristes sont médiocres, les changements de décor prennent un temps considérable si bien que la salle se vide peu à peu. Le public et la critique sont scandalisés par cette histoire sulfureuse que la presse du lendemain condamne au nom de la morale. Bizet en est bouleversé. Il contracte une angine mais décide contre tous les avis de se réfugier dans sa maison de Bougival. Le 29 mai 1875, il se baigne dans l'eau glacée de la Seine et est pris dès le lendemain d'une crise aiguë de rhumatisme articulaire.

Lors d'une représentation, Bizet a une rupture d’anévrisme au moment où Célestine Galli-Marié, chantant avec le "trio des cartes" au troisième acte, retournait « (...) la carte impitoyable qui dit toujours: la mort! ». Il décède d'un infarctus, dans la nuit du 2 au 3 juin, à l'âge de 36 ans. 

Georges bizet maison de bougival  Bougival maison de bizet 002

Maison de Bougival

 

Georges Bizet est inhumé au cimetière du Père-Lachaise (division 68).
Pere lachaise division 68 tombe bizet 01

Son opéra Carmen, adapté de la nouvelle de Prosper Mérimée, est l'une des œuvres du répertoire les plus jouées dans le monde. L'échec de l'œuvre lors de ses premières représentations tient principalement au rejet du sujet par le public de l'époque. Carmen est une femme sulfureuse, sans attaches, sans respect pour l'ordre établi, passant d'amant en amant, ayant pour seule morale et pour seules règles sa liberté et son bon plaisir.

 

Carmen bizet
Carmen et Don José

 

La critique musicale n'est pas tendre non plus à l'époque. Le journal Le Gaulois dira: « Monsieur Bizet appartient à l'école du civet sans lièvre ; il remplace par un talent énorme et une érudition complète, la sève mélodique ! » Pour Camille du Locle, directeur de l'Opéra-Comique, « C'est de la musique cochinchinoise ; on n'y comprend rien! » (Alexis Payne, Grands opéras du répertoire, Fayard, 1979, p.73")


Mais en Europe, après la mort de Bizet, la carrière de Carmen sera rapide. Le premier triomphe de cette œuvre lumineuse a lieu à Vienne dès le mois d'octobre 1875. Brahms, enthousiaste, assiste à vingt représentations.

 

 

 Richard Wagner et Nietzsche furent, entre autres, des admirateurs de l'œuvre dont Tchaïkovski disait que «d'ici dix ans, Carmen serait l'opéra le plus célèbre de toute la planète » (cité par Les Amis de Georges Bizet).

Il a fallu que Carmen connaisse le succès dans le monde entier et notamment aux États-Unis et en Russie pour que l'Opéra Comique mette à nouveau à son répertoire cette œuvre, « Une histoire pure et limpide comme celle d'une tragédie antique, qui commence dans la naïveté d'une carte postale et s'achève dans le sang. » (J-F Sivadier, metteur en scène).Affiche carmen creation en 1875Affiche de Carmen en 1875

Le succès extraordinaire de cette œuvre tient aussi à sa musique, « archétype de ce qui caractérise l'esprit et le style si particulier de la musique française : clarté, sonorités limpides, élégance diaphane, suggestion, articulation, lisibilité … » (J-C Casadesus, C'est un fait, Carmen est devenue un mythe). Il tient également à la très grande unité entre le livret et la musique, entre la dramaturgie et le chant. « Le premier coup de cymbales de l'ouverture contient toute la fulgurance d'un rayon de soleil acéré mais il fait luire aussi la pointe menaçante d'un couteau brandi. Le ton est donné. L'urgence est là. Elle conduit d'une façon implacable à la finalité de l'ouvrage, la fatalité de la mort. » (J-C Casadesus, idem).

La Habanera

La habanera (ou havanaise) est une danse, née vers 1830 à Cuba mais qui peut être aussi un genre musical latino-américain, ou catalan. Il y a aussi la fête et la tradition associées, créées au XIXe siècle par les pêcheurs catalans de Palafrugell. Les habaneres catalanes s'accompagnent uniquement de certains instruments à cordes, comme la guitare et le luth.
Les habaneres espagnol-argentines, issues de la contradanza, sont nées vers 1830 à La Havane et se sont rapidement répandues en Argentine, dont le tango va dériver. Les plus connues sont celles de l'Espagnol Sebastián Yradier (1809-1865) :

  • « La Paloma » (« La Colombe ») composée vers 1860. Elvis Presley l'a chantée sous le titre « No more », puis, Mireille Mathieu en français : « La paloma Adieu » ;
  • « El Arreglito », interprétée en 1863 par la soprano Mila Traveli au Théâtre Impérial italien de Paris, et dont la musique servira pour L'amour est un oiseau rebelle, la habanera de l'opéra Carmen, composé en 1875 par Georges Bizet.

Des musiciens espagnols tels que Manuel de Falla et Isaac Albeniz ont également composé des habaneras.
Il convient toutefois de noter qu’avant les habaneres, le Candombé, joué par les esclaves Africains et leurs descendants, était l’expression rythmique la plus marquante, dans tous les endroits où ils furent transplantés.

Habanera photo

Carmen habanera original

Habanera - l'original de Bizet

C’est ainsi que la Contredanse, lorsqu’elle va se populariser en Haïti, sera influencée par le Candombé, pour produire, comme c’est toujours le cas, lorsque l’on fusionne deux ou plusieurs formes rythmiques, une nouvelle structure.
Cette structure va se populariser à son tour à Cuba, et portera le nom de Habanera. Parler des habaneres ou de la Habanera sans mentionner sa relation intime avec le Candombé est au mieux, incomplet ou erroné. C’est cette même influence du Candombé qui va dramatiquement faire évoluer la danse en Argentine, alors que la Habanera fait son apparition à Montevideo et à Buenos Aires. Les descendants des esclaves noirs de Buenos Aires vont appeler « Tango » (mot en langue Kicongo signifiant : « l’endroit où l’on se retrouve ») le lieu à Buenos Aires où ils vont se retrouver pour festoyer et danser leur Candombé, désormais enrichi de la particularité de la Habanera et aussi de la danse en couple. La fusion ne s’arrêtera pas là. La Valse et le Fox-trot vont être ajoutés à l’expérience. Le contenant donnera son nom au contenu pour plus tard devenir tout simplement…Tango ! Le Professeur de Yale aux États-Unis, Robert Farris Thompson dans son livre "Tango, The Art History of Love" a eu le courage d'expliquer ce mot Tango, et surtout de montrer le lien qui est demeuré vivant entre le Candombé et le Tango.

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Date de dernière mise à jour : 06/04/2015